Après avoir rappelé les principaux piliers théologiques de l’éducation, cet article s’intéresse à l’histoire du mouvement des Écoles du Dimanche pour stimuler une réflexion plus large sur l'éducation qui serve à favoriser des engagements éducatifs conscients, vécus dans le respect, la complémentarité et les limites de ce que la famille, l’église, et de l’école, peuvent apporter sur cette terre.
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Action Missionnaire
Action Missionnaire est le magazine trimestriel de France-Mission.
Action Missionnaire est un magazine de réflexion à destination des responsables d'Eglises et des personnes impliquées dans l'Eglise locale.
Copie de l'article rédigé par Anne Ruolt et mis en ligne sur wikipedia, sans l'infographie
Ecole du Dimanche
L’École du Dimanche ou parfois École Biblique aujourd'huis (unday Schools en anglais) est une institution typiquement protestante, car mettant l'accent sur la lecture personnelle de la Bible (sola et tota scriptura)12, et d'origine anglo-saxonne. Elle est cependant distincte du catéchisme 3 de l'Eglise. Ce dernier était la responsabilité des pasteurs pour les adolescents. Ce n'était pas non plus un culte pour enfants. Lorsque les premières Écoles du Dimanche ont été fondées, les leçons se donnaient en marge du culte. À cette époque, les enfants s'y rendaient avec leurs parents, et les moniteurs/trices interrogeaient les enfants sur ce qu'ils avaient compris au culte. Les
Ecoles du Dimanche sont des associations à la fois distinctes de l'église locale par ses statuts propres, tout en étant liées à elles par ses acteurs. Au XIXe siècle, le pasteur en est souvent le directeur, c'est en particulier en raison de ses diplômes universitaires. Ce sont les membres de l'Église qui instruisent les jeunes enfants en commençant par l'alphabétisation des jeunes non scolarisés4. La place des femmes enseignantes, a toujours été très importante dans ce mouvement.Il a été en France l'occasion de la création de la Société d'Encouragement pour l’Instruction Primaire parmi les Protestants de France5 qui a développé l'enseignement primaire avant les lois Ferry6 (1881-1882)7.
Même si des Ecoles du Dimanche laïques ont été créées, avec comme porte-parole en France Nicolas de Condorcet (1792), offrant une éducation secondaire le dimanche, aux employés (1833)8, ou comprises comme une école industrielle dans la loi Falloux (1850), ou pour les Écoles Socialistes l'anglais Tom Anderson (1894), l'initiative du mouvement revient à des pédagogues protestants. Le terme École du Dimanche tel qu'il est employé ici, désigne un dispositif initialement d'éducation populaire propre au protestantisme à l'époque des Réveils9 et des initiatives philanthropiques10.
Ne s'agissant pas d'un catéchisme d'Église, cela permit au mouvement de se développer largement dans l'ensemble du protestantisme et à l'international11. Le contenu des réunions se compose essentiellement d'études de récits bibliques et de chants, la musique ayant toujours eu une place importante dans le culte protestant. L'Ecole du Dimanche ne prépare à aucun « sacrement » de l'Église. Cependant, sa fonction a été très tôt discutée : école ou culte, école et culte, fonction missionnaire… ?
Si au XXIe siècle, en France, il s'agit d'une réunion consacrée plus particulièrement aux enfants des paroissiens réunis pendant le culte, en Amérique du Nord, où le mouvement s'est beaucoup développé, les classes rassemblent aussi des adultes, en marge du culte et non simultanément. En France, aujourd'hui les enfants se répartissent en général en plusieurs groupes pour suivre un cours adapté à leur âge et un enseignement biblique leur est donné. Les moniteurs et les monitrices sont généralement des membres bénévoles des églises, souvent d'anciens élèves de l'école. Ce dispositif éducatif reste toujours très présent dans la plupart des églises protestantes se réclamant de la tradition « Évangélique »1
Historique
Les précurseurs du mouvement
L'enseignement du catéchisme était déjà apparu au XVIe avec Charles Borromée à Milan au sein de l'Église Catholique, et quelques Ecoles du Dimanche surgirent auXVII et Hanna Ball (1733-1792), méthodistes (?) du Haut-Wycomb, en Angleterre. D'autres précurseurs sont à signaler aussi dans le judaïsme pour ce qui relève de la tradition judéo-chrétienne.
Le mouvement Anglais à partir de 1780
L'initiative de Robert Raikes en 1780 à Gloucester
Mais c'est à la fin du XVIII siècle que va naître le mouvement des Ecoles du Dimanche, avec Robert Raikes 13 (1736-1811), témoin du développement industriel et de la déstabilisation familiale engendrée par l’exode rural consécutif.
À ses débuts, le mouvement relève de l'éducation populaire. Constatant la misère des jeunes dans les rues de sa ville (Gloucester), ce journaliste imprimeur met sur pieds des rencontres dont le but principal est de leur donner une instruction de base. Ces jeunes étaient des ouvriers de moins de 12 ans travaillant à l'usine six jours sur sept. Le dimanche étant leur seul jour libre, l'école fut ouverte ce jour-là. Raikes finança et fit connaître ces écoles grâce à son journal le Gloucester Journal [3].
La structuration du mouvement anglais
Le pasteur anglican Thomas Stock (1750-1803), également de Gloucester, travailla avec lui et se chargea tout particulièrement de recruter des enseignants. William Fox (1736-1826), marchand de drap, membre d'une Église Baptiste, est à l'initiative de la création de la première Société des Ecoles du Dimanche (London Sunday School Society) fondée le 7 septembre 1785. La Sunday School Union (SSU) est fondée le 13 juillet 1803. La société avait diffusé en avril 1810 : 300 000 syllabaires, 63 500 Nouveaux Testaments et 8 000 Bibles14.
De la littérature fut produite, des bibliothèques créées et même une « école biblique » pour former les moniteurs et les monitrices. Le mouvement se développa à la même époque où les sociétés des traités, de colportage, des missions, mobilisaient de nombreux acteurs. Des Sociétés dénominationnelles furent créées, l'Église Méthodiste étant particulièrement active dans ce domaine.
La branche de l’Ecole du Dimanche qui prit un caractère plus spécifiquement religieux naquit après le 25 juillet 1785, jour de la première fête célébrée en son honneur, en l'église de Painswick, . Celle-ci avait réuni près de 400 enfants venus passer un examen public, chanter des cantiques, et écouter la prédication du Dr Gasses15. Les enfants de familles protestantes étant davantage scolarisés en semaine, l'apprentissage de la lecture dans ce cadre-là, se justifiait moins. Car ces enfants pouvaient assister à la Charity School en semaine, ce qui n'était pas le cas des jeunes ouvriers pour qui Raikes ouvrit la première Ecole du Dimanche.
Premiers bilans
La première Ecole du Dimanche débuta aux alentours de 1780 à Gloucester en Angleterre. Très vite des effets positifs furent constatés et le taux de criminalité diminua. Auguste Schaffner parle ainsi en 1893, de ses échanges avec M. Edwards, secrétaire général de la Sunday School Union :
« Actuellement, grâce à l'influence moralisatrice de cette œuvre, la statistique criminelle compte 28 % de prisonniers et 45 % de prisonnières de moins qu'il y a 10 ans : et si je relevais les chiffres concernant les jeunes détenus au-dessous de 16 ans et plus, la proportion serait plus forte encore. C'est ainsi que sur les 113 prisons principales de l'Angleterre, 57 sont fermées pour manque de prisonniers. »16.
Les années suivantes le nombre d’Ecoles du Dimanche augmenta considérablement en Angleterre et dans beaucoup d'autres pays. En 1788, à peine cinq ans après les débuts de l’expansion du mouvement, le méthodiste John Wesley (1703-1791) tint les propos suivants : « Nurseries de chrétiens !... la plus haute forme de charité depuis Guillaume le Conquérant. »17
Cette école rassemblait le matin, les enfants ne fréquentant pas le culte, pour une instruction générale : lecture, écriture, calcul, et histoire sainte. La lecture se faisait dans la Bible. Les premières Écoles se tenaient dans la cuisine de la "femme de bonnes mœurs" qui accueillait les enfants chez elle. L'implication des laïques et des femmes marque fortement le mouvement anglophone. Robert Raikes conduisait la classe l'après-midi au temple, où le catéchisme était dispensé.
L'engagement des femmes dans le mouvement
Bien qu’au début cette initiative fût fort appréciée, elle fut rapidement confrontée à plusieurs obstacles. On leur reprochait, d’une part, l'importante place du rôle des femmes dans ces écoles et, d’autre part, de ne pas respecter le jour de repos en faisant travailler des moniteurs ce jour-là.
Le pasteur Henry Paumier (1820-1899), alors secrétaire du Comité de la Société des Ecoles du Dimanche, rapporta les propos du pasteur James Inglis qui se fit l’écho de trois griefs à l’encontre du Mouvement naissant en Écosse : la violation du shabbat et la place prise par les laïques ainsi que les femmes dans cette œuvre : "Quelques-uns [des pasteurs] allèrent même jusqu’à déclarer du haut de la chaire que l’instruction des enfants par les laïques était une violation du quatrième commandement [relatif à l’interdiction pour les laïques de travailler le shabbat] ; ils menacèrent même d’interdire la communion à quiconque oserait se joindre à cette œuvre […] M. Inglis releva enfin,un autre préjugé, auquel le temps et l’expérience ont également fait justice, celui de l’instruction par les femmes. En 1820, ’on ne comptait en Écosse: que 140 femmes sur 1 700 , tant on se défiait de leur travail et de leur influence. Aujourd’hui, la proportion a bien changé : parmi les instructeurs, les femmes comptent pour moitié dans les rangs de cette noble phalange dévouée à l’instruction religieuse des enfants"18.
Le mouvement des Ecoles Déguenillées
Les RaggeSchools, accueillaient de leur côté, les enfants les plus « désocialisés » (Grigg, p. 229). Initiées par le cordonnier John Pounds (1766-1839), le mouvement se développa grâce à l’action du pasteur Anglican Thomas Guthrie19 (1803-1873), du Lord Shaftesbury (1801-1885), fondateur de l’Union des Écoles Déguenillées. Trois types de Ragged Schools se développèrent : l’une le dimanche, l’autre sous forme de cours du soir en semaine, et enfin la dernière en journée, aux jeunes les plus motivés des cours du soir20 , sous forme d'éducation industrielle.
L'œuvre du Docteur Thomas John Barnardo (1845-1905)21 illustre ces actions menées à Londres au XIXe siècle22. Le pasteur Ruben Saillens (1855-1942), alors encore étudiant en théologie à Londres témoigne du caractère périlleux du dispositif mis en place :
« "Le Dr Barnardo m’a donné dernièrement une place de moniteur dans ses Écoles du Dimanche. Je croyais nos gamins bien mauvais et nos écoles bien mal organisées [à Lyon], mais ce n’est rien en comparaison de l’East End Juvenile Mission. Le docteur racontait l’autre jour qu’à ses débuts, les élèves l’avaient jeté par la fenêtre. Dimanche dernier, il s’en est fallu de peu que les gamins ne nous en fissent autant" »23.
Le mouvement en France à partir de 1814
Les premières Écoles du Dimanche françaises (1814-1829)
En France, les Ecoles du Dimanche prirent plus de temps pour se développer et se structurer et furent plus « ecclesio-centrées » qu'en Angleterre. Ruben Saillens dit à propos de celles de Lyon où les moniteurs furent recrutés auprès de l'Union Chrétienne de Jeunes Gens et de l'Union Chrétienne de Jeunes Filles :
« Aussi, nos écoles du dimanche étaient bien différentes de celles d’aujourd’hui. Les deux sexes avaient des locaux à part : nous, jeunes gens, donnions à nos garçons des leçons de lecture, d’écriture, de calcul, pendant une heure. Nous consacrions les heures suivantes à une instruction religieuse basée sur le Nouveau Testament […] les jeunes filles chrétiennes, stimulées par l’exemple de leurs frères fondèrent à leur tour des écoles semblables pour les filles. »24.
Après une initiative sans suite au moment de la Révolution française, les premières Ecoles du Dimanche furent créées presque simultanément en Normandie et dans la région de Bordeaux au sein des Églises Réformées. Une lettre [4] de Laurent Cadoret (1770-1861), citée dans le Journal des Écoles du Dimanche, témoigne de l'antériorité de son initiative en 1814 dans le temple à Luneray en Seine-Maritime2. Formé à la théologie à l'Institut de David Bogue (1750-1825) à Gosport27, c'est stimulé par ce dernier et soutenu par la Mission de Londres qu'il initia, non sans résistances, la première École du Dimanche à Luneray28.Celle deParis s'ouvrit en 1822 à l'Oratoire du Louvre29. Le pasteur Frédéric Monod (1794-1863) en était le directeur.
Un « Comité pour l'Encouragement des Ecoles du Dimanche » fut créé par le Baron Auguste de Stael en 182630. En 1827, le Comité publie un Alphabet des Écoles du Dimanche pour remédier au faible nombre de lecteurs chez les protestants d'alors. Le besoin d'éducation primaire conduit les responsables de ce Comité à encourager la création, en 1829, de la Société pour l'Encouragement de l'Instruction Primaire parmi les Protestants de France31.
La Société d'Encouragement pour l'Instruction Primaire parmi les Protestants de France (1829-1994)
Organe de l’Église Réformée, La Société d'Encouragement pour l'Instruction Primaire parmi les Protestants de France fut fondée le 2 mai 1829, par « les plus grands noms de l’Establishment protestant français » et reconnue d’utilité publique dans la foulée, le 15 juillet 182932. Elle avait pour but : « de seconder les progrès de l’instruction primaire parmi les Protestants de France », selon l'article premier du Règlement de la Société.
L'École Normale protestante de Courbevoie, dirigée par le pasteur Gauthey fut le fleuron de la Société jusqu'à ce que les lois Ferry viennent sonner le glas de l'enseignement protestant33. Une École Normale d'institutrices se maintint un peu plus longtemps, à Boissy-Saint-Léger34.
Créée en 1935, à l'occasion de l’Assemblée Générale du Protestantisme français, et portée par François de Witt-Guizot (le petit-fils de François Guizot, le deuxième président de la SEIPPF), L’Association des Amis de l’Enseignement Protestant Secondaire et Primaire (1935-1971), devint une « filiale » de la Société pour l'Encouragement de l'Instruction Primaire parmi les Protestants de France. Witt-Guizot l'exprimait ainsi : "Elle va tenter de donner un L’Assemblée générale du Protestantisme français, Estime qu’à l’heure actuelle le devoir urgent du Protestantisme français est De maintenir à tous prix ce qui existe encore de son patrimoine scolaire... Et, dans la mesure du possible, de créer d’autres établissements du même genre nouvel élan à l'éducation protestante"35.(Que veut dire cette phrase ?)
Finalement, la Société fut dissoute en 1994. Le pasteur Philippe Bertrand en fut son dernier président (Journal Officiel n°66 du 19 mars 1994, p.4231).
La Société des Écoles du Dimanche et du Jeudi (1852-2003)
Jean-Paul Cook (1828-1886), co-fondateur et fer de lance de la Société des Ecoles du Dimanche
La Société des Écoles du Dimanche fut créée en mars 1852 sous l’initiative de Jean-Paul Cook (1828-1886)36 qui avait déjà publié à Lausanne un guide pour créer une Ecole du Dimanche en 184737 (le premier guide date de 1817 et fut publié par le pasteur David Césard Chabrand)38. Un manuel de la Société du Canton de Vaud est aussi à signaler39. C’est le pasteur Laurent Montandon (1803-1876) qui en était le président, le pasteur Henry Paumier (1821-1899) le secrétaire. Elle devint Société des Écoles du Dimanche et du Jeudi après les lois Ferry.
En 1881, Charles Robert, pour la Société d'Encouragement pour l'Instruction Primaire parmi les Protestants de France et Henry Paumier, pour la Société des Écoles du Dimanche, fondaient le mouvement des Écoles du dimanche 40. Leur but était de mettre en place un dispositif pour remédier à l'absence d'enseignement religieux à l'École Primaire41.
Bien qu'en 1854, la Société rééditait l'Alphabet des Écoles du Dimanche de 1827, et plaçait dans son recueil de cantiques l'un d'eux, intitulé "Du bonheur de savoir lire", son objet était dès lors plus spécifiquement orienté vers l'enseignement biblique et la formation des moniteurs et des monitrices. Mais rappelons que depuis la loi Guizot de 1833, les efforts pour une plus large scolarisation de tous les enfants, ont été croissants dans le primaire, facilités par le recul progressif de l'âge d'entrée légal des enfants dans le monde du travail 42.
Les statuts de la Société des Écoles du Dimanche mettaient l'accent sur la fonction « missionnaire »43 du mouvement français qui se développa en bonne harmonie et en complément à l'action de la Société d'Encouragement pour l'Instruction Primaire parmi les Protestants de France. Selon le pasteur Roy, à Saint-Jean-du-Gard, l'œuvre des Écoles du Dimanche fut l' une des plus importantes pour les protestants du XIXe siècle :
« De toutes les œuvres instituées depuis un demi-siècle, l’Ecole du Dimanche est certainement la meilleure et la plus féconde en heureux résultats. Elle l’emporte à notre avis, sur les sociétés d’évangélisation et de missions, car ces dernières ne sont possibles qu'avec l’Ecole du Dimanche. Nous ne saurions nous représenter l’état de notre protestantisme français sans elle »"44.
L'article premier du règlement fixe ce but à la nouvelle société : "Le but de cette Société est de propager les vérités évangéliques par le moyen des Écoles du Dimanche. Elle provoque la formation de ces écoles, elle en seconde l’établissement et s’attache à les perfectionner, sans vouloir s’immiscer dans leur direction"45.
La Société des Écoles du Dimanche fit œuvre de maison d'édition : revues de formation des moniteurs, listes de textes bibliques à étudier, feuilles pour élèves, bon-points, registres de présence… et ouvrages estimés utiles à l'éducation de la jeunesse. Les pasteurs, fers de lance de la Société des Écoles du Dimanche, insistaient beaucoup sur l'importance des visites des enfants par leur moniteur ou monitrice. Le pasteur-pédagogue Louis-Frédéric François Gauthey46 avait été chargé de rédiger en 1858, pour la Société des Écoles du Dimanche, un Essai sur les Écoles du Dimanche, synthèse de la pédagogie et des pratiques de ces écoles à cette époque47.
Le philanthrope américain Albert Woodruff (1807-1891)48 contribua au développement du mouvement en France et en Europe, encourageant le système d'enseignement mutuel ou le système dit des groupes49. Cette méthode lancastérienne fut une des caractéristiques pédagogiques du mouvement dans tous les pays. Le nom de "moniteur" et de "monitrice" donné aux enseignants en est encore une trace aujourd'hui. Mais pour l'enseignement biblique, c'est le modèle socratique qui primait, privilégiant les échanges entre élèves et moniteurs qui interrogeaient et faisaient réfléchir les enfants par eux-mêmes, en lisant la Bible.
Au début du XIXe siècle en France, la direction des Ecoles du Dimanche fut assez généralement confiée au pasteur de l'Église, et constituait selon Encrevé50 , plutôt un pré-catéchisme qu'un catéchisme. Au synode de Normandie, Wilfred Monod51 plaide en 1904, pour le passage d’ un examen d'entrée aux jeunes qui souhaitent commencer le catéchisme sans avoir fréquenté l'Ecole du Dimanche ; ceci pour s'assurer du niveau de connaissance biblique acquis au sein de la famille.
La situation rurale de la France, le contexte du développement de l'Ecole Primaire obligatoire, la séparation de l'instruction générale et religieuse influèrent sur le développement de ces Écoles, et provoqua la création des Ecoles du Jeudi dès 1881. En ville, à Paris, les Ecoles du Dimanche missionnaires ou Écoles Déguenillées, accueillaient des enfants de parents catholiques52 et à Lyon, de libres penseurs53. La Mission Mac All a largement contribué à ces efforts éducatifs.
L'actualité du dispositif
Après être devenue la Société des Écoles du Dimanche et du Jeudi en 1881, la Société inter-dénominationnelle devenait la Société d'Edition et de Diffusion du Service Catéchétique du Conseil Permament Luthéro-Réformé (S.E.D.) le 21 décembre 1999 (déclaré le 22 janvier 2000) avant d'être dissoute le 17 janvier 2003.
Mais XXIe siècle, les Écoles du dimanche restent un vigoureux mouvement, bien implanté dans les églises locales.
Dans l'Eglise Protestante Unie (les Eglises Luthéro-Réformées), on parle plutôt d'école biblique. 54. Dans les églises de la mouvance évangélique l'école du dimanche55 56 garde généralement ce nom et rassemble des enfants des membres ou amis de l’église pendant ou avant le culte57.
Des moniteurs et monitrices, des membres bénévoles de l'église locale, apportent aux enfants (souvent jusqu'à 14-15 ans ou avant l'âge d'entrée au catéchisme) un enseignement biblique en complément, ou parfois en remplacement à ce que la tradition protestante estimait devoir être transmis par les parents dans les familles, où la lecture de la Bible ou "culte de famille" était habituelle. Mais la répartition des enfants dans les groupes est aujourd'hui souvent calquée sur le modèle des classes de niveaux,(,inutile) des écoles primaires.
Plusieurs associations inter-dénominationnelles offrent des formations destinées aux moniteurs/trices, en complément à ce chaque école met en place en interne.
Texte pdf illustré avec notes et outils
Anne Ruoly (2010). L’ARBRE DE NOËL OU LA « LEÇON DE CHOSE PROTESTANTE », Réforme, mercredi 22 décembre 2010
RUOLT A., « Du rôle des fêtes et de la joie comme moyens d’exciter la jeunesse à l’étude et de lui inspirer l’amour de l’école. Le cas des Écoles du Dimanche françaises du XIXe siècle ». 2011/4 525-548
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